__________________________________________________________________________
_____________________________________________________________________________________________|+|+L'anorexie nerveuse ou mentale|+Le jeûne est un moyen privilégié de rompre avec la matérialité, un mode d'accès à la
|+transcendance.
|+|+Description de l'anorexie|+L'anorexie nerveuse ou anorexie mentale se caractérise par :
|+ • Une maigreur pathologique alarmante : certaines anorexiques peuvent perdre la moitié de
|+leur poids. Cet amaigrissement touche toutes les parties du corps.
|+ • Un refus de maintenir un poids égal ou supérieur au poids minimal tenant compte de l'âge
|+et de la taille.
|+ • Une peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, même si le sujet a un poids
|+anormalement bas.
|+ • Une perception anormale par le sujet de la forme et le poids de son corps.
|+ • Un jugement sur soi-même indûment influencé par la forme et le poids du corps.
|+ • Un déni des conséquences d'un poids corporel anormalement bas. D'après l'anorexique, la
|+non reconnaissance d'une réalité au caractère traumatisant relève d'un choix personnel,
|+philosophique, ou religieux ; en fait, ce déni est bien souvent fondé sur des idées étranges,
|+magiques, mystiques voire mégalomaniaques.
|+ • Une aménorrhée persistant au moins 3 cycles consécutifs.
|+Nous distinguons 2 types d'anorexie : l'anorexie nerveuse de type boulimies / vomissements et
|+l'anorexie nerveuse de type restrictif.
|+|+Anorexie nerveuse de type boulimies / vomissements|+Cette anorexie est caractérisée par l'existence d'hyperphagies incontrôlées accompagnées de
|+comportements compensatoires destinés à prévenir une prise de poids : vomissements
|+provoqués, prises abusives de diurétiques ou de laxatifs.
|+|+Anorexie nerveuse de type restrictif |+Contrairement à la précédente, cette anorexie ne présente aucun épisode d'hyperphagie ni de
|+comportement compensatoire.
|+|+Anorexie et statistiques|+ •L'anorexie se trouve exclusivement dans le monde occidental.
|+ •90 % des anorexiques sont des femmes.
|+ •Age : de 14 à 22 ans.
|+Le plus souvent ces jeunes filles sont issues de familles :|+ •appartenant aux classes sociales élevées ou moyennes supérieures.
|+ •attachées à la promotion sociale et à la réussite scolaire.
|+ •ayant un sens aigu de la compétition.
|+ •où la relation de dépendance à la hiérarchie généalogique est marquée.
|+Dans la majorité des cas ces adolescentes :|+ •sont des filles uniques.
|+ •obtiennent de bons résultats scolaires.
|+ •possèdent un coefficient intellectuel souvent supérieur à la moyenne.
|+ •ou alors le compensent par un surcroît de travail.
|+ •ont été jusque là pour leurs parents un objet de perpétuelle satisfaction.
|+L'évolution de la maladie est :|+ •globalement favorable dans 70 à 80 % des cas.
|+ •se stabilise dans 15 à 25 % des cas.
|+ •comporte une Issue fatale dans 5 % des cas.
|+|+Les causes psychiques et biologiques|+|+Les causes psychiques|+Le point de départ des troubles est à rechercher dans la psyché. L'anorexie débute de façon
|+banale et insidieuse : l'adolescente, phénomène de mode agissant, se juge trop ronde et se
|+sanctionne comme tant d'autres à son âge par un régime amaigrissant. Ce régime banal à son
|+début, prend, dans l'existence de la jeune fille, une importance croissante pour devenir bientôt
|+absolument envahissante. Sans savoir à quel moment précis les choses ont dérapé, le
|+phénomène de mode a laissé place à une quête de pureté, voire de rejet de toute corporéité : le
|+corps devient menace et doit à tout prix être maîtrisé.
|+|+Les causes biologiques|+Les centres nerveux supérieurs influeraient sur l'hypothalamus, puis en cascade sur l'hypophyse
|+et les autres glandes endocrines.
|+|+Anorexie et image du corps|+L'anorexique a une image de son corps complètement déformée : prise par la terreur de grossir,
|+elle se voit un corps énorme, alors même qu'elle est d'une maigreur anormale. Son idéal serait
|+un corps sans substance, sans épaisseur, sans graisse, voire sans muscle. Les formes
|+féminines, seins et hanches, deviennent autant d'objets de dégoût.
|+Il n'est pas rare que ce corps détesté soit l'objet de diverses punitions telles que de lui imposer
|+des heures de marche forcée ou des bains glacés. Cette recherche de la souffrance,
|+habituellement perçue par son entourage comme un comportement autodestructeur, est
|+davantage considérée par l'anorexique comme une démarche positive, de nature ascétique,
|+destinée à discipliner son corps, à s'en rendre maître, pour en définitive, s'en libérer. Ce
|+décalage de jugement entre l'intéressée et son entourage engendre le plus souvent une
|+situation conflictuelle enfant - parents.
|+|+Anorexie et relation interpersonnelle|+La relation interpersonnelle est très perturbée : la dépendance aux parents se pose en termes
|+conflictuels.
|+La sexualité est globalement refusée et l'arrêt des règles est vécu comme un soulagement.
|+|+Anorexie et dépendance|+Ici se pose toute la problématique de l'identité ainsi que l'importance du conflit recherche de
|+dépendance / lutte pour l'autonomie. L'anorexique doit choisir entre une dépendance à la mère
|+et un refus absolu de cette dépendance. Comme dans les conduites addictives, le sujet, qui ne
|+parvient pas à introduire le tiers qui lui permettrait de rompre la relation fusionnelle qui l'unit à
|+sa mère, "substitue un besoin dont l'objet est contrôlable," - la nourriture - "à un désir dont la
|+représentation implique nécessairement l'acceptation d'une séparation". Notons qu'ici, la
|+nourriture à l'instar d'une drogue, ne se substitue pas à la mère, mais en devient un ersatz qui
|+permet du même coup de faire l'économie d'une séparation impossible.
|+La période d'anorexie correspond à une tentative de neutralisation de la dépendance. L'échec de
|+la prise d'indépendance se traduit par l'instauration d'une relation d'emprise sadomasochiste de
|+type manipulatoire. Le refus de nourriture constituerait une stratégie défensive contre le risque
|+d'un effondrement des remparts narcissiques du sujet.
|+Le mode alimentaire des anorexiques|+Le terme d'anorexie qui signifie absence d'appétit, fut bien mal choisi dans le cas de l'anorexie
|+mentale, car l'anorexique lutte avec acharnement contre ses appétits. Les anorexiques mentales
|+restrictives y parviennent de façon continue. Les anorexiques mentales boulimiques -
|+vomisseuses sont, quant à elles, parfois sujettes à des boulimies intensément culpabilisées.
|+Elles ne parviennent à la maigreur qu'en se faisant vomir, par absorption parfois massive de
|+médications laxatives et / ou diurétiques, ou encore en se livrant à une débauche d'exercices
|+physiques.
|+Le mode alimentaire de l'anorexique prend fréquemment un caractère singulier. Par exemple :
|+l'aliment peut être considéré comme cause de salissure de l'intérieur du corps et des intestins ;
|+l'anorexique se nourrit alors de petites quantités de laitages, de fruits secs et de sucreries, qui
|+sont à ses yeux des aliments sans résidu.
|+Évolution de la maladie|+L'évolution est variable. Parfois spontanément grâce à une rencontre heureuse, un
|+réaménagement des relations avec les parents, certaines anorexiques se remettent à manger et
|+reprennent un poids compatible avec une activité normale.
|+Dans 70 à 80 % des cas traités, l'évolution se révèle globalement favorable sur le plan du poids
|+et du comportement alimentaire, quoiqu'on puisse noter la persistance de troubles
|+psychopathologiques tels que des difficultés sexuelles et relationnelles, des troubles du
|+caractère, des phobies et des anomalies du comportement alimentaire, qui nécessitent une prise
|+en charge psychothérapique.
|+L'anorexie peut être mortelle dans 5 % des cas, généralement à la suite de cachexie, ou état
|+d'affaiblissement généralisé, entraînant un déséquilibre en eau et en sels minéraux, des
|+troubles cardiaques ou rénaux, une infection, voire une rupture de l'estomac après une boulimie
|+ou une reprise trop brutale de réalimentation.
|+Les 15 à 25 % restant, l'anorexie se chronicise. Au bout de quelques années, après l'échec de
|+multiples traitements, on se trouve face à une personne au corps sans âge, comme momifiée, à
|+l'état physique piteux. On parle alors de tableau de Kwashiorkor : la carence en protéines
|+entraîne des ½dèmes, gros foie, lésions de la peau, perte des cheveux et des poils, caries et
|+perte des dents, lésions du c½ur et des reins. Le dynamisme du début laisse la place à la
|+langueur et au repli sur soi.
|+Il n'est pas rare que l'ancienne anorexique devienne boulimique.
|+Des rechutes surviennent dans 10 à 50 % des cas, en particulier après un mariage ou une
|+première naissance.
|______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________